LGBisexuel-le-xTQIA+

La bisexualité est considérée par certaines personnes comme une phase de transition, que les personnes qui se disent bisexuelles sont soit hétérosexuelles soit homosexuelles, alors que non. La bisexualité est une sexualité à part entière.

Maéva Berset, 05 mai2021

Tout le monde, aujourd’hui, sait plus ou moins ce que cela veut dire faire partie de la communauté LGBTQIA+. Pareil pour les gay prides. Mais il y a encore beaucoup de choses qui sont incomprises, c’est pour ça que j’ai créé cette série. N’hésitez pas à aller lire les autres articles qui sont déjà publiés!

Bisexualité: n.f.: Pratiques sexuelles aussi bien avec des partenaires de même sexe que de sexe différent. (Larousse)

Autant pour moi, j’étais sûre que la bisexualité était une orientation sexuelle. Mais apparemment ce n’est qu’une pratique sexuelle. Bon, mais sinon? Selon moi, être bisexuel-le signifie être attiré-e par plus qu’un genre (sans forcément rester dans la norme binaire du genre- femme/homme), mais pas par tous les genres car dans ce cas là on parle d’omnisexualité. On peut aussi marquer une différence avec la pansexualité, qui signifie être attiré par n’importe qui peu importe son genre, c’est-à-dire que le genre n’est pas un paramètre qui influence l’attirance d’une personne pansexuelle. Pour les personnes bisexuelles, ce n’est pas le cas, le genre joue quand même un rôle. Elles peuvent être attirées, ou plutôt ne pas être attirées, par telle ou telle personne en raison de son genre.

Mini portrait

Charlotte* :«J’ai 18 ans, je suis étudiante en première année à l’uni» 

Jade* :  «Je suis étudiante en première année de psychologie, alors que j’étais censée parcourir l’Amérique en van cette année. Sinon j’ai oublié absolument tout ce qui me définit maintenant qu’on me pose la question :)» 

*noms d’emprunt

La sexualité peut fluctuer

Alors, la bisexualité est une sexualité à part entière. Comme je l’ai écrit en introduction, certaines personnes pensent que celles et ceux qui se disent bisexuel-le-s sont juste perdu-e-s. Pour elles, les bisexuel-le-s sont soit hétérosexuel-e-s, et qu’ils confondent l’attirance qu’ils ont pour le même genre avec de l’amitié –oui, c’est quelque chose qu’on m’a déjà dit- soit homosexuelles. Cela étant, la sexualité peut être fluctuante et il est possible qu’une personne qui s’est d’abord dite bisexuelle se définisse avec le temps comme homosexuelle ou avec n’importe quelle autre sexualité. C’est ce qu’explique Jade*: «Je pense que je suis soit bisexuelle soit lesbienne, et je pense que si j’hésite entre les deux c’est à cause de  the compulsory heterosexuality [ndlr : en français : l’hétérosexualité forcée. En gros, cela vient du fait que dans notre société, on part du principe que tout le monde est hétérosexuel. What is compulsory heterosexuality- thoughtco.] , je ne sais pas si c’est pour ça que ça m’arrive quand même d’être attirée par des hommes donc je ne sais pas exactement.»

«Ne tombe pas amoureuse de moi»

La discrimination peut être vécue différemment par chaque personne, en effet, quelque chose peut être considéré comme de la discrimination par quelqu’un et pas du tout par quelqu’un d’autre. Pour Vincent*, ce n’est pas quelque chose qui l’impact particulièrement: «Je trouve que la discrimination, c’est un grand mot et ça me passe un peu par-dessus. Mais si quelqu’un fait une remarque, je me défends, point barre.»
De plus, les attaques homophobes sont désormais punies par la loi- après est-ce que cela change quelque chose? C’est une autre question, mais la loi existe. Est-ce que cela est une bonne chose pour l’égalité ? Voilà l’avis de Vincent*: «Je pense qu’on devrait avoir les mêmes droits que les hétérosexuel-les, notamment au niveau du mariage parce qu’actuellement tout ce qu’il y a pour les couples homosexuels, c’est le partenariat enregistré et donc tout le monde connaît directement ton orientation sexuelle, dont les patrons. Mais il ne faudrait pas qu’on en ait plus qu’eux/elles. Par exemple la loi contre l’homophobie, je pense qu’elle n’est pas forcément utile, car il existe déjà suffisamment de loi contre la discrimination pour qu’il ait besoin d’en rajouter. Je crains que cela ne crée juste une stigmatisation supplémentaire envers une partie de la population.»

Carcan social

Définir sa sexualité n’est pas une chose simple et il est encore moins simple de faire son coming out.  Comme le dit Jade*: «Je pense que la communauté LGBTQIA+ sera totalement acceptée quand plus personne n’aura besoin de faire de coming out.» 

Mais on n’y est pas encore. Charlotte* l’a dit à ses ami-e-ss et cela s’est plutôt bien passé: «Je ne l’ai dit qu’à mes potes et j’avais un peu peur de leur réaction. Finalement, ça a été, j’ai eu quelques remarques du type”ne tombe pas amoureuse de moi” ou “ouloulouh on se change dans la même pièce”, mais globalement la plupart me disait juste cool, ah okay.»

Quelque chose qui peut refléter certains clichés, comme le fantasme des couples lesbiens, c’est le fait qu’il est plus toléré d’être une femme bisexuelle qu’un homme bisexuel. C’est l’impression qu’a Charlotte* : « En Suisse, j’ai l’impression que certaines parties de la communauté LGBTQIA+ sont mieux acceptées que d’autres. Par exemple, c’est ok pour une femme d’être lesbienne ou bisexuelle, mais pas pour un homme d’être gay. » 

Toutefois, cela ne veut pas dire que les discriminations envers les femmes LGBTQIA+ n’existent pas. Heureusement Charlotte* n’y a jamais fait face: «Je n’ai pas été victime de discriminations mais je pense que c’est en partie dû au fait que j’ai une apparence assez traditionnelle. Après, j’ai déjà entendu une multitude de blagues de darons mal venues.» Un point que je trouve intéressant, c’est l’apparence. Parce qu’en effet même en étant hétérosexuel-le tu peux te faire discriminer à cause d’un style assimilé à un style homo. Combien d’hommes se sont fait traiter de pédé parce qu’ils avaient un style un peu efféminé? Soi-disant en passant comment est-ce qu’on peut genrer une tenue? Bref, il a juste plus de style que toi, ne sois pas jaloux.

Enfin, ce n’est pas parce qu’on n’a pas été personnellement victime de discriminations qu’on ne peut pas en être victime. C’est ce que dit Jade*: «Je n’ai jamais directement fait face à des discriminations. Mais les discriminations générales que je vois sur le net ou ailleurs, ça ne m’impacte pas vraiment. Parce que quelqu’un qui a assez de place en lui pour prendre le temps de taper une phrase genre je déteste les homos, n’est en aucun cas une personne dont l’avis m’intéresse et je la vois juste comme stupide. Après les crimes, les meurtres et tout ça, ça me vide, je suis juste incapable de comprendre comment c’est possible, comment on peut détester quelqu’un pour quelque chose qui ne nous touche pas. Vraiment, il n’y a aucun sens pour moi.»

Et l’acceptation totale?

Pour Jade*, c’est une route encore longue et qui passe par la visibilité et l’éducation: « A mon avis le plus important c’est la représentation: chez les stars, dans les films, les séries,les livres… Inclure l’homosexualité dans les livres d’histoire: par exemple, pourquoi on ne m’a jamais appris que si le rose est considéré autant comme une couleur féminine c’est à cause des camps de concentration? Avant, c’était même considéré comme une couleur masculine jusqu’à ce qu’on marque les homosexuels dans les camps de concentration avec du rose. C’est le genre de choses qu’on devrait apprendre je pense. Je pense aussi qu’une éducation non genrée aiderait à combattre énormément de préjugés.»

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Bref, il reste du chemin. N’hésitez pas à jeter un œil aux liens 😉

Liens utiles

Linda Napikoski (2019). What is compulsory heterosexuality. Thoughtco.

6 clichés sur la bisexualité (2019). RTBF

Léa Dechambre (2021). 6 choses à savoir sur la pansexualité. The body Optimisit

 

 

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