La psychologie derrière les fake news : pourquoi y adhère-t-on et comment s’en protéger?

Mathilde Hertig 

Dans le contexte informationnel actuel, où les informations circulent de plus en plus vite, les fausses nouvelles –ou fake news– n’échappent pas à la tendance. Face à la surcharge informationnelle, elles représentent un défi majeur pour la perception et le jugement des individus. C’est pourquoi essayer de comprendre, psychologiquement, pourquoi nous adhérons à ce genre d’informations et comment nous en protéger est devenu essentiel. Cet article explore donc les mécanismes psychologiques qui rendent les fake news attractives et persuasives, et propose des pistes pour renforcer notre discernement et nous en protéger.

Image libre de droits

Tout d’abord, c’est quoi une fake news?

Cette expression anglaise signifie «fausses nouvelles» et désigne des informations fausses, souvent volontairement truquées, diffusées dans le but de tromper délibérément l’opinion, en attirant l’attention avec un fond plus ou moins authentique.

Mais du coup, pourquoi on y croit?

De nombreuses recherches montrent que la cognition joue un rôle plus que central dans l’attraction pour les fake news. C’est là que la différence entre la pensée analytique et la pensée intuitive devient majeure. En effet, il est mis en évidence que la capacité des individus à avoir une pensée réflexive et analytique est un atout pour éviter de tomber dans les pièges des fake news. À l’inverse, l’acceptation de contenus faux ou manipulés est amplifiée par une pensée dite intuitive, rapide, voire émotionnelle.

Certes, les facteurs émotionnels sont déterminants. Les fake news qui exploitent des réactions affectives fortes, comme la colère, la peur ou la tristesse, attirent bien souvent notre attention et accroissent notre mémorisation des faits, alors même que ces derniers sont manipulés. Il est naturel et humain de juger une information plus crédible lorsque celle-ci provoque en nous une émotion forte. Malgré le fait qu’elles sont factuellement fausses, les fake news qui utilisent ce mécanisme se propagent bien plus vite que les informations neutres à cause de cette dimension sensationnelle et alarmante.  

Le social et l’adhésion aux fake news

À cela s’ajoutent les influences sociales. Caractérisés comme «chambres d’écho» par de nombreux chercheurs, les réseaux sociaux et les interactions entre pairs amplifient drastiquement la diffusion des fausses informations. Bien souvent, le besoin d’appartenance, ainsi que l’adhésion à des groupes sociaux, tout comme parfois la pression sociale, peuvent renforcer la crédulité collective. Si plusieurs amis proches croient en quelque chose, par souci de norme, il est possible d’y adhérer aussi, pour ne pas être montré-e du doigt ou rejeté-e. Cela est d’autant plus fréquent, lorsque  les contenus partagés entrent en résonance avec les croyances ou les valeurs du groupe.

Il existe également de nombreux biais cognitifs, tels que le biais de confirmation, qui jouent un rôle clé dans l’adhésion aux fake news. Ce biais affirme que nous avons tendance à favoriser les informations qui vont confirmer ou soutenir nos croyances préexistantes tout en nous poussant à ignorer les preuves contradictoires. Cela affecte donc notre manière d’interpréter et de recueillir les informations, ce qui donne le champ libre aux fake news pour influencer nos décisions et perceptions. 

Mais alors, comment se protéger de ces fakes news?

Face à cette situation, différentes stratégies peuvent être envisagées pour tenter de réduire l’impact des fake news. L’une de ces stratégies consiste à utiliser des interventions dites «d’inoculation ou prebunking».Celles-ci sont de courtes mises en garde formulées à l’intention des individus avant qu’ils et elles ne soient confronté-e-s aux contenus trompeurs. Tout comme l’éducation aux médias numériques, ces courtes explications alertent le lectorat , le sensibilisent à l’importance de la vérification des sources et l’aident à reconnaître les indices de manipulation typiques des fake news pour réduire la probabilité d’y croire.

Pour conclure, la protection contre les fakes news ne repose pas uniquement sur des outils technologiques, mais surtout sur le développement d’une vigilance, avant tout émotionnelle, et d’une pensée critique. C’est en cela que la psychologie est importante puisqu’elle nous enseigne que comprendre la façon dont nos émotions, notre environnement social et notre cognition influencent notre perception est la première et principale étape pour nous permettre de naviguer dans un monde saturé d’informations pas toujours avérées.

Sources:

ONOS SARL. (2020, 27 juillet). Que sont les fake news? Définition et explications. Digital Guide IONOS. URL: https://www.ionos.fr/digitalguide/web-marketing/les-media-sociaux/que-sont-les-fake-news/. (Consulté le 7 avril 2026).

Fondation Descartes. (2020, 1 avril). Comment expliquer la croyance aux fake news? Fondation Descartes. URL: https://www.fondationdescartes.org/2020/04/comment-expliquer-croyance-fake-news/. (Consulté le 7 avril 2026).

Beauvais, C. (2022). Pourquoi croyons-nous aux fake news? Rev Rhum Ed Fr, 89(6), 555–561. URL: https://doi.org/10.1016/j.rhum.2022.09.013. (Consulté le 7 avril 2026).

Biais-cognitif.com. (s.d.). Biais de confirmation. URL: https://biais-cognitif.com/biais/biais-de-confirmation/. (Consulté le 7 avril 2026).

Ecker, U. K. H., Lewandowsky, S., Cook, J., Schmid, P., Fazio, L. K., Brashier, N., Kendeou, P., Vraga, E. K., & Amazeen, M. A. (2022). The psychological drivers of misinformation belief and its resistance to correction. Nature Reviews Psychology, 1, 13–29. URL: https://doi.org/10.1038/s44159-021-00006-y. (Consulté le 7 avril 2026).

Vous pourriez aussi aimer…

Vers un monde sans couleur?

Vers un monde sans couleur?

Chiara Di Gioia Depuis quelques décennies, dans nos sociétés occidentales, nos modes de vie évoluent et les couleurs se ternissent. Les voitures sont noires ou grises, les nouvelles constructions et leurs intérieurs sont monochromes et similaires,...

Retour sur la saison de ski alpin 2025-2026

Retour sur la saison de ski alpin 2025-2026

Par Lucie Morel Le 25 mars dernier, la saison de ski alpin s’est terminée. Elle a été dominée par les habitués, mais pas seulement. Marco Odermatt est intenable en géant en ce début de saison. (Alexis Boichard/Zoom) Des surprises sont venues...

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez vous à notre Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir toutes les dernières infos et ne pas louper nos derniers blogs

You have Successfully Subscribed!

Share This